Ce vendredi 28 mars 2025, Paul Roche, membre actif de l’association Parents Dynamique et soutien du collectif “Défendre les enfants“, a participé à l’émission spéciale de Charente Libre, “Face aux lecteurs”, en présence d’Aurore Bergé, ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes.
Un échange direct avec la ministre
Lors de cette rencontre, Paul Roche a saisi l’opportunité de questionner directement la ministre sur la résidence alternée en cas de séparation parentale. Ce sujet, au cœur des préoccupations des associations de défense des droits des parents et des enfants, a suscité un échange constructif.
*Retrouvez l’échange complet entre Paul Roche et la Ministre Aurore Bergé à partir de 9mn45
Le soutien affirmé d’Aurore Bergé
Aurore Bergé a affiché une position favorable à la résidence alternée, soulignant l’importance du rôle de chaque parent dans l’éducation des enfants. Elle a notamment déclaré :
“Nos enfants ont besoin de leurs 2 parents”.
Elle a également insisté sur la nécessité pour la société de permettre aux pères de jouer pleinement leur rôle :
“Quand les pères veulent s’impliquer, il faut évidemment que la société accepte de leur laisser la place qui doit être la leur parce que c’est bon pour nos enfants et c’est bon pour l’égalité”.
Une avancée pour la proposition de loi N°819
Ces déclarations interviennent dans un contexte législatif crucial. La Proposition de loi n° 819, déposée le 21 janvier 2025, vise à favoriser la résidence alternée en cas de séparation, lorsque les parents ne parviennent pas à un accord. Cette mesure, qui fait l’objet de débats depuis plusieurs mois, pourrait voir son processus parlementaire s’accélérer grâce à l’appui affiché par la ministre sur la garde alternée.
Un signal fort en faveur de l’égalité parentale
L’intervention de Paul Roche, ainsi que la prise de position d’Aurore Bergé sur la résidence alternée, renforcent l’élan en faveur de cette réforme. Ce soutien politique marque une avancée significative pour de nombreux parents et associations qui militent pour une meilleure reconnaissance d’un équilibre parental plus juste pour les enfants.
Retrouvez ci-dessous l’échange complet* :
*retranscrit via un outil d’Intelligence Artificielle
Journaliste
On a donc parlé violences conjugales, on va parler maintenant égalité parentale, si vous le voulez bien, avec notre deuxième invité, Paul Roche.
Vous aviez des questions.
Vous pouvez peut-être raconter en quelques mots votre histoire et votre parcours, et puis poser votre question.
Paul Roche
— Oui.
Donc je suis Paul, le papa de Léo, qui va bientôt avoir 6 ans.
Et donc je suis séparé de sa maman il y a à peu près 2 ans.
Donc c’est quand même encore assez récent.
Je bénéficie d’une garde classique, donc un week-end sur deux, ce qui est un petit peu pour moi illogique puisque j’ai toujours été un parent appliqué et j’ai aussi tout ce qu’il faut pour accueillir mon enfant pendant mes périodes de garde, comme j’ai souhaité une résidence alternée.
Et donc aujourd’hui, ma question est que pensez-vous de l’égalité entre les hommes et les femmes pour qu’il y ait une réelle égalité parentale où chacun trouve sa place et ses responsabilités ?
Permettre au père de s’investir pleinement dans l’éducation des enfants, mais aussi au mère d’avoir plus de temps dans la répartition
des tâches et des charges plus justes au niveau des familles et ce qui libérerait ces mères pour s’épanouir dans leur vie professionnelle.
Quelles mesures concrète le gouvernement envisage-t-il pour encourager cette évolution et déconstruire les rôles parentaux encore trop genrés ?
Aurore Bergé
La question de la parentalité est majeure dans notre société parce qu’on voit à quel point les parents ont un rôle absolument déterminant et central.
on accompagne mieux, sans doute, les parents, parce qu’on voit qu’on a aujourd’hui des parents qui crient un peu à l’aide et qui disent qu’ils ont besoin, en fait, d’être soutenus et d’être accompagnés.
Je pense en particulier aux familles monoparentales, qui sont, en l’écrasante majorité, les femmes, et qui, parfois, ont besoin, évidemment, de ce soutien, voire même de ce répit.
Parce que quand vous êtes seuls tout le temps, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, que vous n’avez aucun répit, en fait, ça devient très étouffant comme charge et très difficile, évidemment, pour vous.
C’est aussi une question d’égalité salariale.
Donc moi ça me concerne d’autant plus, puisque je suis ministre en charge de l’égalité, parce que dans les 10 ans qui suivent la naissance d’un enfant, les femmes elles perdent 38% de niveau de revenu.
Et c’est un écart qu’elles arriveront jamais à rattraper.
Donc ça veut dire qu’aujourd’hui, la société, quand on parle parentalité, elle résume un peu trop souvent à maternité, au rôle des mères.
Pour vous donner un petit exemple personnel, hier, j’engueulais mais gentiment la crèche qui accueille notre fille, parce que systématiquement, il n’y a qu’à moi qu’ils appellent, il n’y a qu’à moi qu’ils écrivent.
Vous savez, en fait, on est deux.
Donc si jamais, moi, vous n’arrivez pas à me joindre, vous pouvez l’appeler lui, voire parfois, vous pouvez l’appeler lui en premier.
Mais c’est des réflexes, en fait.
C’est des stéréotypes, et on ne s’en rend même pas compte.
Ils ne faisaient pas ça à mauvais escient, mais c’est juste que, instinctivement, c’est la même chose.
Et or, on a besoin que les deux parents s’impliquent.
Et ça, ça me paraît absolument capital.
Donc sur la question de la garde alternée, la règle, c’est quoi ?
Évidemment, je mets de côté tout ce qui concerne la question des violences et l’autorité parentale.
Je le place dans un cas.
Heureusement, ils sont plus nombreux, où il y a juste une séparation classique entre les deux parents.
Aujourd’hui, quand les deux parents demandent la garde alternée, elle est systématiquement accordée.
Le sujet, j’imagine que c’est votre cas, c’est quand les deux parents ne sont pas d’accord pour obtenir la garde alternée.
Moi, j’y suis très favorable à la garde alternée.
Alors, on sait qu’il y a des âges, évidemment.
Quand on parle d’un nourrisson, un nourrisson, tout le monde peut comprendre qu’évidemment, on ne va pas le basculer, c’est-à-dire presque le trimballer de maison à maison parce qu’en fait, ce n’est pas bon pour lui, pour sa santé, pour son bien-être en fonction de son âge.
Ça, je pense que tout le monde peut évidemment le comprendre.
Mais à partir du moment où l’enfant, notamment, est scolarisé,
C’est beaucoup plus simple de pouvoir organiser cette garde alternée parce que ça permet aux deux parents de s’impliquer à parts égales, ce qui est un enjeu quand même dans notre société, que les pères prennent leur place et toute leur place, et les mères, la leur, mais que la leur ne soit pas étouffante et écrasante de charges mentales et de charges financières aussi parfois.
Et donc ça, évidemment, c’est pas tant la loi qui peut l’imposer,
parce que la loi elle le permet déjà, que la pratique aussi des juges aux affaires familiales qui prononcent en fait ensuite les gardes.
Après ça peut être réévalué régulièrement et ça je pense que c’est aussi important parce que les situations personnelles, intimes, professionnelles, familiales, elles peuvent évoluer.
Mais moi j’ai toujours été favorable à ça parce que justement pour une société plus égalitaire.
Pas de notion de parent secondaire.
Non, pas de notion de parent secondaire, parce que nos enfants ont besoin de leurs deux parents.
Et deux parents, ça peut être un couple hétérosexuel comme un couple homosexuel, je mets pas de jugement là-dessus du tout, mais des deux parents.
Et on voit bien que les femmes qui se retrouvent dans des situations de monoparentalité, elles sont plus fragiles, elles sont plus fragiles économiquement, elles sont plus fragiles parce que toute la charge repose sur elles, et que ça n’est pas normal, en fait,
que les pères, comme ça, aient disparu.
Donc quand les pères veulent s’impliquer, il faut évidemment que la société accepte de leur laisser la place qui doit être la leur parce que c’est bon pour nos enfants et c’est bon pour l’égalité.
Paul Roche
— Merci beaucoup pour cette réponse.