Depuis janvier 2025, la Proposition de loi n°819 relative à la résidence alternée enregistre une dynamique parlementaire significative. À ce jour, 125 députés, issus de 7 groupes parlementaires différents, ont officiellement cosigné le texte, traduisant une mobilisation qui dépasse les clivages partisans traditionnels.
Malgré cette progression continue, trois désistements ont été relevés (à notre connaissance !) au cours de la période récente, dont celui du député Emmanuel Grégoire, intervenu la même semaine que l’annonce de sa candidature à l’élection municipale parisienne.
Dans ce contexte évolutif, le collectif “Défendre les enfants” publie en exclusivité une carte actualisée des signatures parlementaires, permettant d’objectiver, territoire par territoire, l’état réel des soutiens à la PPL 819.

NB : carte au 16 février 2026, d’autres signatures étant arrivés depuis comme en Corse.
La Corse : un soutien unanime et une continuité institutionnelle depuis 2015
La Corse se distingue nettement dans le paysage national : 4 députés sur 4 ont cosigné la PPL 819. Il s’agit à ce jour du seul territoire métropolitain à afficher un tel consensus.
Ce “carton plein” ne relève pas du hasard. Il s’inscrit dans une continuité politique et institutionnelle ancienne. En effet, l’Assemblée de Corse avait déjà adopté à l’unanimité, le 5 février 2015, une motion relative à l’amélioration de l’exercice conjoint de la parentalité (Délibération n°15/026 AC*)
Cette motion demandait notamment :
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une meilleure affirmation du principe d’égalité parentale,
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la promotion de la coparentalité,
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et que la résidence alternée, lorsqu’elle est demandée par un parent et conforme à l’intérêt supérieur de l’enfant, ne puisse être refusée que pour des raisons graves dûment motivées par le juge
Le positionnement actuel des députés corses apparaît donc en cohérence avec cette prise de position institutionnelle antérieure.
Il convient également de souligner que ces signatures sont le fruit de démarches citoyennes menées par des militants issus de groupes Facebook d’entraide parentale, qui ont interpellé directement les parlementaires de l’île. Cette mobilisation numérique structurée a joué un rôle déterminant dans l’obtention de ces cosignatures.
*Ci dessous la Délibération n°15/026 AC :

125 députés, 7 groupes parlementaires : une dynamique transpartisane
Le chiffre de 125 cosignataires témoigne d’une progression constante depuis le début de l’année 2025. La PPL 819 bénéficie d’un soutien réparti dans sept groupes parlementaires distincts, ce qui lui confère une dimension clairement transpartisane.
Cette diversité des soutiens traduit :
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une reconnaissance élargie des enjeux liés à l’exercice conjoint de l’autorité parentale ;
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une sensibilité croissante aux problématiques d’égalité père/mère devant le juge ;
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et une volonté, chez une partie significative des députés, de réinterroger les pratiques judiciaires relatives à la résidence des enfants après séparation.

Une géographie contrastée des soutiens
L’analyse territoriale fait apparaître une carte contrastée :
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certains départements comptent plusieurs cosignataires (trois ou plus),
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d’autres en comptent un ou deux,
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tandis que plusieurs circonscriptions demeurent à ce stade sans signature.
Cette disparité révèle plusieurs facteurs :
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L’intensité de la mobilisation locale : là où des collectifs structurés interpellent directement les élus, les signatures progressent plus rapidement.
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La sensibilité personnelle des députés aux enjeux familiaux.
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Le contexte sociopolitique local, notamment dans les territoires ruraux ou insulaires où les problématiques d’éloignement géographique après séparation peuvent avoir des conséquences particulièrement fortes.
La Corse illustre précisément cette interaction entre contexte territorial spécifique (insularité, éloignement, coûts de déplacement) et engagement politique.
Une dynamique encore ouverte
Avec 125 signatures, la PPL 819 a franchi un seuil significatif, mais la mobilisation parlementaire reste en construction. Les prochains mois seront déterminants pour :
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élargir encore le socle transpartisan,
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sécuriser les soutiens déjà acquis,
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et transformer cette dynamique de cosignatures en avancée législative effective.
La publication exclusive de la carte des signatures par le collectif Défendre les enfants constitue à cet égard un outil stratégique : elle permet aux citoyens d’identifier les positions de leurs représentants et d’engager un dialogue direct avec eux.

Conclusion
La situation actuelle peut se résumer en trois points structurants :
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Une mobilisation nationale réelle, avec 125 députés issus de 7 groupes parlementaires engagés depuis janvier 2025 ;
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Une exception corse remarquable, avec 4 députés sur 4 signataires, dans la continuité d’une motion unanime adoptée dès 2015 par l’Assemblée de Corse
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Une dynamique citoyenne active, notamment via des groupes Facebook d’entraide, qui joue un rôle concret dans l’évolution des positions parlementaires.

