Davantage de respect après un effroyable double meurtre

🔵 Des pensées d’humanité face à l’effroyable

Avant tout, nous tenons, toutes et tous, bénévoles de défendre les enfants et des associations et collectifs participants, à présenter nos condoléances ainsi que toutes nos pensées aux familles et aux proches d’Angela et d’Audrey. Elles ont été tuées par un meurtrier, père des enfants d’Audrey et kidnappeur des deux enfants (1). Nous pensons aujourd’hui avec émotion à ces deux enfants qui vivent une situation d’une violence que les mots ne suffisent plus à qualifier. Quelle horreur !

Nous pensons que, face à de tels actes, il convient de laisser le temps à l’enquête afin que les faits et particulièrement la chronologie de cette fuite morbide et criminelle puissent être précisément établis et que la condamnation qui viendra soit à la hauteur des actes commis. En espérant aussi que, contrairement à d’autres affaires (2 et 3 ), ce meurtrier soit déchu de ses droits parentaux. La condamnation a venir et la déchéance des droits parentaux de ce meurtrier ne feront revenir personne, ni Angela, ni Audrey, bien sur, ni ne « répareront » l’enfance des deux enfants d’Audrey mais nous pensons qu’il n’y aura jamais de réelle justice sans une telle condamnation.

🔵 Une triste utilisation de ce double meurtre

Nous sommes par ailleurs tristes et atterrés de constater que certaines personnes utilisent ce drame pour essayer de discréditer des personnes, des parents qui vivent déjà des situations difficiles et participent bénévolement à nos associations, ainsi que notre mouvement de parents. Il apparaît bien court le temps du respect : Aussitôt le meurtre de ces personnes est-il connu que, déjà, leur mort est utilisée pour discréditer des personnes engagées dans la défense des droits de l’enfant.

Ainsi, nous avons pu constater sur Linkedin (qui décidément semble être devenu un réseau social plutôt qu’un réseau professionnel) ce type de post :

C’est la méthode rhétorique classique de l’étiquetage : dénigrer des personnes ou des mouvements sans arguments en leur attribuant des positions qui ne sont pas les leurs et qui sont infamantes. Nous vous proposons un article relatif à cette méthode : « Technique de l’étiquetage : De la manipulation à la désinformation »

Une autre technique consiste à étendre de manière abusive à l’ensemble d’un groupe, sans preuve ni justification logique, une caractéristique, un comportement ou une idée attribuée à un seul individu (ou à une minorité dans le groupe). C’est ce que l’on appelle la sur-généralisation. Nous vous proposons donc un article sur le sujet : La sur-généralisation : Quand une exception devient « la règle »

Dans la réalité et sans surprise, les meurtriers se sociabilisent et jouent un rôle souvent pervers pour dissimuler et leurs pensées et leurs actes. Qu’un meurtrier aient tissé des liens avec d’autres personnes – qui, elles, à priori sont mesurées et respectueuses du droit d’autrui – n’a rien de surprenant. Combien de personnes tombent des nues quand elle apprennent qui est le meurtrier ? Parfois des personnes qu’elle côtoyaient sans jamais imaginer la violence de cette personne. Certains et certaines de ces meurtrier.e.s vont jusqu’à participer aux recherches de la ou des personnes qu’ils ont tué, exprimant leur « douleur » devant les caméras des journalistes ! Est-ce que pour autant, les gens qui les ont côtoyées alors, de bonne foi, devraient être subitement considérés comme responsable de ne pas avoir compris ? Surtout en présence d’une personne manipulatrice, toxique et dangereuse ? Donc d’une personne qui jouait sans doute déjà un mauvais « théâtre des apparence ». Des meurtriers qui exerçait sans doute une emprise sur leur entourage.

Qu’il est facile, après coup, d’accuser ! Il est sans doute mieux de se questionner sur la manière dont « les gens », dont nous sommes toutes et tous, arrivent à penser que tout va bien alors qu’il semble exister déjà des signes qui indiqueraient qu’il y a des problèmes… Jusqu’à l’effroyable. Posons nous la question ? Qui croire ? Posez vous la question, vous qui nous lisez. Gisèle Pélicot se questionne elle-même : « Comment avais-je pu voir de la douceur là où il n’y avait que manipulation ? » (p.87, « Et la joie de vivre », Flammarion, ISBN : 208049726X). Le jeu pervers trompe les personnes, il trompe parce qu’il joue une apparence si rassurante. Nous sommes, toutes et tous, assez aptes à faire confiance à l’autre, à trouver des explications qui nous semblent cohérentes… Les personnes manipulatrices en profitent et les meurtriers sont toujours des personnes manipulatrices.

◾️De la responsabilité

S’agissant des personnes qui emploient les méthodes d’étiquetage et de sur-généralisation, elles savent très bien ce qu’elle font. User de méthodes rhétorique fallacieuse ne se fait pas « inconsciemment ». Ces personnes portent donc l’entière responsabilité de cet usage comme de ses conséquences. De la même manière qu’elle portent l’entière responsabilité de récupérer un double meurtre sordide pour discréditer un mouvement progressiste sur le dos de deux victimes qui ne peuvent plus s’exprimer. Deux femmes qui ont droit au respect. Encore une fois, nous pensons à leur famille et particulièrement à leurs enfants qui vivent aujourd’hui l’effroyable.

Être parent, c’est être responsable, mesurer l’importance de ce qui se produit, comment les enfants le perçoivent, le vivent et l’intègre dans la complexité de leur psychologie et de leur personnalité, en devenir et en construction. Ne jamais employer de méthodes de manipulation c’est aussi leur montrer l’exemple. Quand on défend des idées, ces méthodes ne servent à rien. Car les idées reposent sur des arguments, des réflexions logiques et des sources fiables. La vacuité déguisée en idée pour servir des dénigrement ou de la méchanceté ne fera jamais argument. D’ailleurs, concernant le post que nous publions, nous avons constaté que la personne concernée bloque toutes les personnes qui viennent commenter ses publication dès que le commentaire ne va pas dans sons sens. : Tout contradicteur/contradictrice est banni. C’est là même personne qui essaie de faire croire que des députés ce serait « fait avoir », sans connaître le contenu de nos échanges, respectueux et progressiste, avec l’ensemble des députés de la représentation nationale.

Nous connaissons ces comportement qui essaient de faire passer le combat de parent pour leurs enfants pour le seul « combat des pères » puis de faire passer le « combat des pères » pour le « combat des masculinistes ». L’objectif étant de faire passer cette insinuation toxique dans l’opinion afin de discréditer des mouvements progressistes. Nous laissons donc l’ensemble de ces personnes à leur méthodes et à leurs dénigrements. Nous ne connaissons pas les objectifs ainsi recherchés, la question reste ouverte.

Dans tous les cas, nous sommes toujours disposés à discuter avec ces personnes comme avec toutes et tous, dans un esprit apaisé et respectueux comme nous le faisons toujours.

◾️Ces dénigrement diminue la vigilance face aux mouvement masculinistes et « incels » qui sont réellement dangereux

Ajoutons qu’utiliser les mouvements masculinistes et « incels » pour discréditer un mouvement progressiste comme le nôtre pose un deuxième problème. En effet, ces mouvements radicalisés, anti-femmes, appelant ouvertement à la violence son structurés et dangereux. Dangereux, déjà, pour les mineurs qui sont spécifiquement ciblés sur les réseaux sociaux par des contenus misogynes et des discours violents, réducteurs et toxiques. Car il s’agit bien d’endoctrinement et d’endoctrinement sur des mineurs. Donc sur des personnes vulnérables. Dangereux aussi pour les passages à l’acte que ces mouvements ont déjà induits.

Comme tous discours de haine, le discours de ces « incels » a des conséquences en favorisant et soutenant des passages à l’acte ! Ainsi, Elliot Rodger (2014, Isla Vista, États-Unis) tue 6 femmes et en blesse 14 autres ; Alek Minassian (2018, Toronto, Canada) tue 10 personnes et se revendique de la « 1rébellion incel »» ; Jake Davison (2021, Plymouth, Royaume-Uni) tue deux femmes (dont sa mère), une fillette et deux hommes (dont son père), sur sa chaîne youtube, il se réclamait du mouvement « Incel » ;…

Inutile de continuer plus avant la liste macabre, ces mouvements sont dangereux et entrainent des morts violentes. La situation étant pire dans les pays ou la circulation des armes n’est pas vraiment ou si peu contrôlée : des moyens létaux lourds étant disponible assez facilement pour un simple citoyen dans ces pays.

Il apparaît donc fondamental de lutter contre ces mouvements aux discours misogynes, agressifs et dangereux.

Porter de fausses accusation contre des mouvements progressistes comme, notamment, le nôtre ne sert nullement la vigilance et la prévention face à ces dangers, bien au contraire. La confusion ainsi créée pourrait avoir de graves conséquences.

Plus sérieusement, des voies peuvent être envisagées pour lutter contre le danger et les violences de ces mouvements masculiniste / « in-cels ».

Voici quelques pistes :

🔹 Lutter contre l’isolement : Les études montre que les personnes qui participent à ces mouvement sont marqués par des dynamiques d’isolement social auxquelles ils n’ont pas été en capacité personnelle et psychique de répondre. Ainsi, lutter contre l’isolement peut diminuer le nombre de personnes concernées.

🔹 Encadrer les algorithmes : En effet, les algorithmes des réseaux sociaux nous enferment dans un Internet centré sur nous-même en nous proposant des contenus en lien avec ce que l’on a déjà consulté, en lien avec les objectifs commerciaux (vente de produits par des tiers) ou politiques (Par exemple avec X-ex-Twitter) des propriétaires de réseaux sociaux. Ainsi, l’ouvrage « Étudier les discours “conspirationnistes” et leur circulation sur Twitter » montre que « une surreprésentation des auteurs de tweets conspirationnistes (ex. : « chemtrails », vaccins) par rapport à leur poids réel dans la société. ». Les mineurs en difficultés ou en isolement social peuvent se retrouver enfermés dans des bulles d’idées misogynes, toxiques,… Plusieurs types d’encadrement pourraient être envisagé, le plus simple étant sans doute d’imposer un pourcentage de sollicitations non ciblée et donc aléatoire sur les réseaux sociaux. Ce qui pourrait ré-ouvrir les bulles individuelles qui nous enferment tous. Notons que l’ensemble des usagers des réseaux sociaux sont de plus en plus enfermés dans un bulle qui leur est propre du fait de ces problématiques.

🔹 Maintenir un contrôle strict des armes : Si les points précédents interviennent en amont d’actes violent, le contrôle des armes à un effet sur le résultat des passages à l’acte. Les tueries sont beaucoup plus fréquentes aux États-Unis par exemple ou le contrôle des armes est quasi inexistant par rapport à ce que nous connaissons globalement en Europe.

🔹D’autres pistes ? Nous ne prétendons pas proposer toutes les solutions envisageable. Les lectrices et lecteurs pourront nous partager leurs idées pour combattre ces mouvements qui, portant des messages de haine, portent en eux la violence des passage à l’acte.

Dans tous les cas, faire de la désinformation en imaginant des « masculinistes » là où il n’y en a pas ne rend service qu’à ces mouvements. Il est important, au contraire de qualifier les mouvements sur la base d’éléments factuels et critiques, en aucun cas sur la base de collage d’étiquettes toxique sur autrui.

La question qui se pose finalement est de savoir quels sont les objectifs des personnes qui véhiculent ce type de désinformations contre nous.


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