Pour Lyhanna, plus jamais ça !

L’effroi et la douleur. Les mots sont parfois bien faibles malgré leur force. Mais voilà qu’un dysfonctionnement – et sociétal et judiciaire – vient frapper les esprits : La mort de la jeune Lyhanna qui aurait dû avoir droit à un avenir apaisé, plein de rêves et de projets. Il en sera autrement, dans la froideur glaçante d’une mort tellement violente et prématurée.

Les dysfonctionnements, pourtant, ne sont pas nouveaux. Nous, associations d’aide et de soutien aux parents victimes d’exclusion et d’aliénation parentale et familiale, le voyons régulièrement dans les témoignages des personnes dont les enfants sont victimes de situations de violences. Dans les témoignages de ces parents, des mères et des pères aptes, aimants et volontaires, qui vivent meurtris du mal qui est fait par la société et, notamment, par l’institution judiciaire à leurs enfants.

Rappelons que les problèmes ne sont pas nouveaux, pour les personnels politiques qui ont été ou sont actuellement au pouvoir et qui seraient tentés de feindre la surprise ou l’indignation. Car l’indignation est forcément déplacée pour qui avait les moyens d’agir, de faire quelque chose. Oh, bien sur, faire des réformes n’aurait pas forcément sauvé Lyhanna. Mais il aurait juste fallu les faire ces réformes pour savoir si Lyhanna aurait pu être sauvée !

Il ne s’agit pas, bien sur, de dire « Tous pourris ». Non. Déjà, il y a sans doutes des bonnes volontés, des personnes humaines qui sont touchées et volontaires. Ensuite, nous savons combien des partis politiques peuvent utiliser la défiance envers les monde de la politiques pour gagner des voix sans avoir davantage de projet de protection ni de défense des enfants. Des discours. Soyons donc prudents face aux déclarations surtout dans ce contexte électoral ou chacun se pousse devant les autres.

Mais, pour rappel, la « commission Indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants » (Ciivise) a publié des rapport assez complets même s’ils ont fait l’objet de critiques argumentées et tout à fait pertinentes. Car les violences faites aux enfants constituent un sujet complexe dans leurs aspects psychologiques (comportement toxiques et pervers, absence d’affect ou affect dysfonctionnel, perversions comportementales, …) comme dans leurs aspects sociétaux (invisibilisations de certains fléaux, oppositions toxique entre fléaux, discours – notamment de personnels politiques – de banalisation, …). Il n’en demeure pas moins que des propositions pertinentes ont été faite il y a maintenant longtemps. La question, maintenant, est : Qu’est-ce qui a été fait ?

Pour des réformes !

Il fallait, il faut et il faudra des réformes. Ce n’est pas faute de l’avoir dit, d’avoir manifesté pour dénoncer les dysfonctionnements judiciaires concernant les droits de l’enfant ! Il y a tant à faire contre les violences sexuelles (inceste, pédophilie, prostitution de mineurs…), physiques (coups, enfants battus,…) et psychologiques (menaces de coups, exclusion et aliénation parentale, placements abusifs, …).

Mais il ne faudra pas de ces pseudo-réformes annoncées sur des plateaux télé, sans envergure, sans réflexions profondes ni moyens, sans changement sérieux et dans les procédures et dans les expertises psychologiques ! Nous sommes avec d’autres associations, disposés à faire des propositions sur la base des témoignages des personnes que nous recevons lors de nos permanences, sur la base de nos échanges avec les professionnels de santé. Il y a du travail ! Déjà en 2024, nous avions proposé des pistes d’amélioration comme un nombre de juges pour 100.000 habitants supérieur à 15 et que les expertises psychologique et psychiatriques reposent sur des éléments factuels et reproductibles,… C’était en 2024, dans le programme de Défendre les Enfants. D’autres propositions (absentes de notre programme, on ne prétend pas tout savoir) sont également pertinentes et doivent être considérées.

Aussi, appelons-nous à des rencontres entre les associations, les professionnels de la justice, de la santé mentale et les personnels politiques pour une réelle réforme du système, et judiciaire, et policier (qui ne sont pas assez formés ni assez nombreux). Il faut une réforme globale, volontaire, avec des échéances de rédaction et des échéances de mise en œuvre. Il faudra aussi des moyens. Car les déficits publics organisés ne peuvent indéfiniment servir de prétexte à l’inaction et au refus de l’intérêt commun. Il en va de la vie de nos enfants !

Les bénévoles de Droits du parent et de l’enfant pour le collectif Défendre les enfants.

Avec toutes nos pensées d’amour et de compassion pour la famille et les proches de Lyhanna.


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